rien que l’absence

tous les jours
l’absence.

comme la marée.
elle s’éloigne
de la rive
de ma conscience

revient par vagues
s’abat sur moi.
violente
écrasante
étouffante
étranglante

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métaphores maritimes douteuses

En 2011, je crois, j’ai dû prendre un long traversier dans le cadre de mon travail. Nous étions un grand groupe de personnes, avec plusieurs voitures. C’était un traversier sur le fleuve, ça n’aurait pas dû être un défi majeur. Mais compte tenu de l’ampleur du golfe du Saint-Laurent et de ma tendance forte à avoir le mal de mer à la moindre occasion, je me suis préparée. J’ai fait attention à ce que je mangeais dans les heures précédant la traversée. J’ai pris des anti-nausée. Je voulais être sure de tenir le coup pendant deux heures et demi dans le bateau. Arrivée à bord, j’ai d’abord été un peu stressée, je ne voulais pas être malade – ça ne faisait pas professionnel(!). Je suis allée un peu sur le pont pour prendre l’air. Je me sentais plutôt bien. Mais c’était l’automne, il faisait froid et noir, alors j’ai décidé de rentrer, de retrouver les gens que je connaissais. J’ai commencé à trouver que mon plan pour éviter le mal de mer fonctionnait à merveille. Puis trois personnes que je connaissais m’ont demandé si je voulais me joindre à elles pour une partie de Scrabble. Il leur restait une place. On avait du temps devant nous, je me sentais en pleine forme, j’aime jouer au Scrabble. Pourquoi pas? Lire la suite

son

Pendant les jours qui ont suivis la mort de Paul, son absence me semblait complètement irréelle. Nous venions de passer quatre semaines ensemble, quatre semaines où, comme j’essayais d’expliquer hier, c’est sa présence qui était un peu éthérée, pas complètement fixée dans la réalité. Dans ma réalité.

Certains jours, l’absence de Paul est difficile à réaliser, à réellement saisir. Dans la maison, les photos de lui sont bien visibles. Dans notre chambre, son urne l’est aussi. Dans mon corps, sur mon corps, les traces de son passage sont claires.
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au creux de la vague

La douleur du deuil, comme celle des contractions, va et vient.

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Elle s’estompe doucement par moments, s’éloigne, puis revient tout d’un coup sans crier gare. S’abattant sur moi, m’emportant. Me prenant au ventre sans que je comprenne complètement ce qui la déclenche.

Le gilet à rayures de marin, sur un autre petit garçon.
L’odeur dans le cou du cousin de Paul.
Le visage aperçu d’un futur papa insouciant.
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