déclencheurs

Je suis parfois étonnée de me sentir si bien, de vivre tant de moments de joie, ou de m’inquiéter de petites choses désagréables qui pèsent si peu face à des événements réellement difficiles — les traces laissées par des bottes, le repas qui a un peu brûlé. L’intensité du deuil des dernières années est encore assez vive dans ma mémoire pour que je sois surprise de réussir à vivre aussi « normalement » aujourd’hui.

Peu de temps après avoir entamé ce blog, je notais à quel point n’importe quel mot, n’importe quel objet, aussi insignifiant soit-il, pouvait être un élément déclencheur de souvenirs douloureux. Je me souviens avoir été souvent prise de court. Arriver à une fête de quartier au tout début de l’été sans m’être préparée à voir autant de bébés, de poussettes et de jeunes enfants. Avoir envie de me sauver, d’éviter d’entrer en contact avec tous ces gens au bonheur apparemment si insouciant.

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without warning

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On facebook earlier today, i came across this post, titled This is what the Syrian refugee crisis looks like. Don’t look away.

There was no trigger warning. How could there be? The link displayed a gut-wrenching image in a large size. A young Syrian boy, dead, on a Turkish beach. Another victim of is being called a « migrant crisis ».

I cried when i saw this image, like i have cried in front of other images of refugees, of children suffering, of our humanity being questioned by the way we treat each other on a global scale. I cried, thinking of this child’s parents, wherever they are, of how desperate they mut have felt to embark on such a dangerous journey with their little boy, of the pain they must feel now — if their lives weren’t claimed by the Mediterranean sea.

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quelques problèmes de la dichotomie aidée/aidante

Une petite note avant de commencer : ça fait quelques jours que j’ai envie d’écrire un peu sur l’organisation des groupes de soutien aux personnes endeuillées suite à ma très courte expérience avec deux groupes dont j’apprécie le travail. Mon point de vue est probablement très limité mais je me lance tout de même… J’imagine que ça sert aussi à ça un blogue.

 

Je travaille dans un milieu où on parle beaucoup de « passer du je au nous ». Quand j’échange avec les personnes qui viennent demander du soutien ou des ressources au groupe pour lequel je travaille, j’essaie de trouver une petite ouverture pour aborder la façon dont leurs problèmes s’inscrivent dans un cadre plus large. Dans certains cas, c’est clair pour les gens qu’il y a des causes structurelles qui sous-tendent ce qu’ils vivent. D’autres fois, ce n’est pas si simple. Dans ces cas-là, j’essaie, quand c’est possible et opportun, de planter une petite graine de cette réflexion qui me semble incontournable : les problèmes vécus par les individus s’inscrivent dans un contexte socio-culturel donné, et les « vraies » solutions à ces problèmes impliquent une remise en question de structures sociales problématiques.

Cette façon de voir les choses me guide en dehors du travail. C’est moins une déformation professionnelle qu’une raison pour laquelle je fais et j’aime ce travail. Ceci dit, je reconnais les aspects problématiques de ce type de poste, de cette professionnalisation de certains rôles dans les luttes pour plus de justice sociale. L’un d’eux est la hiérarchie qui s’installe souvent entre intervenant-e-s et participant-e-s (ou militant-e-s). Cette asymétrie s’articule parfois autour de l’argent (salariat pour l’un-e, bénévolat pour l’autre), de la reconnaissance sociale (profession pour l’un-e, demande de services pour l’autre). Parfois aussi, l’asymétrie découle de la définition même de la relation d’aide. D’un côté, l’aidant-e, de l’autre, l’aidé-e.
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trigger warnings

Some of the websites I visit, of the pages I follow sprinkle trigger warnings on most of their content.
I’m not entirely sure how I feel about them.

The intention is good, obviously. And I suppose they don’t hurt. But what sparks strong emotions when one is going through difficult times is so unforeseeable.

A sesame seed. Suddenly reminding me of the one that had fallen in Paul’s ear. He seemed to always wake to breastfeed when we were just about to eat. And I was often too hungry to wait.

A sesame seed.
Trigger warning : invokes memories of blissful times with your baby.

Others are more obvious: babies, photos of babies, people talking about babies, conversations about the not so pleasant aspects of parenthood (I want to yell back at them)…

But what can I do? These days, everything is a potential trigger. Life needs a trigger warning.