rattrapée

Je me souviens, ado, avoir entendu dire que lorsqu’on ne « fait pas son deuil », le deuil nous rattrape éventuellement. J’avais tellement intégré cette notion que je me souviens m’être sincèrement demandé si j’avais « fait mon deuil » suite au décès de ma mère. Après sa mort, j’avais été absente de l’école pendant une semaine. Puis j’y étais retournée et j’avais recommencé à fonctionner. Je ne m’étais pas effondrée.

Faute d’avoir accès à une pluralité de modèles des formes que peut prendre un deuil, je n’arrivais pas à trancher : est-ce que j’avais « fait mon deuil »? Comme s’il avait dû y avoir un choix de réponse simple.

OUI / NON. Cochez la case qui s’applique.

J’ai douté longtemps, craignant ce spectre, cette image du deuil me rattrapant à un moment où je ne l’attendrais pas.

Lire la suite

pink ribbons and survivor narratives

I have been trying to stay busy and not focus all day on how I am looking forward to bebe-lentille’s birth. Yesterday as I was browsing Netflix looking for a way to fill an hour or two, I came across a documentary I had been wanting to watch for a couple of years but had missed when it was shown in theatres, Pink Ribbons, Inc., by Lea Pool. It is a 2011 documentary based on a 2006 book by Samantha King, Pink Ribbons, Inc., Breast Cancer and the Politics of Philanthropy.

The film explores the industry that has grown around breast cancer awareness campaigns in the last decades, from the birth of the pink ribbon symbol to wide-scale “pinkwashing” as a marketing tool for corporations that often participate in the distribution of products linked to cancer (cosmetics, bovine growth hormone-boosted dairy product, etc.). Pool conducts in-depth interviews with researchers, activists and women dealing with breast cancer, whether they identify as patients, survivors or allies, questioning the large social consensus supporting pink-ribbon initiatives across North America and beyond.

Pink Ribbons, Inc. offers a lot to take in and reflect upon – interests of large corporations, including those that belong to the “pharmaceutical industrial complex”, lack of fundamental research and prevention, racial and class-based biases in research and treatment, etc. – but I thought one of the most interesting aspect of the movie was the discussion around the cheerful discourse that has become associated with the “fight for the cure”. Lire la suite

fragments nocturnes

Moi qui traîne une fatigue lourde depuis des semaines, qui passe des heures chaque jour à penser à dormir, moi qui dors parfois trois heures au milieu de la journée simplement parce que je peux, je ne dors pas. À cette heure nocturne qui n’attend que ça de moi, je ne dors pas. J’essaie de me détendre en écoutant un podcast – Strangers. Évidemment, je tombe sur un épisode qui me renvoie à mes angoisses actuelles.

L’histoire d’un homme qui a perdu sa mère, puis son frère, puis son père en moins d’une dizaine d’années quand il était jeune. Il raconte son parcours, parle de sa tendance à s’accrocher au passé, au « bon vieux temps » où sa famille était encore un tout cohérent. Plus de cinquante ans après ces décès de ses proches, il se demande si on connait vraiment les gens que l’on perd… L’idée qu’on s’en fait n’est-elle pas plutôt un portrait que l’on remodèle encore et encore en fonction de qui l’on est, de qui l’on devient?

Lire la suite