quoi dire, quoi écrire?

Mes mains sont souvent prises, je manque un peu de temps pour écrire.
Surtout, je ne suis plus certaine de savoir quoi écrire.
Ces jours-ci, évidemment, mon quotidien est plus rempli par les activités de la maternité que par celles du deuil.
Je pense a Paul, je parle de lui, mais il m’occupe moins mes pensées et mon emploi du temps que c’était le cas il y a encore quelques semaines.

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(à) pas de bébé

pour celles et ceux qui peuvent se sentir sensible à ce sujet : je parle de bébés et de ma grossesse dans les paragraphes qui suivent.

 

« Comment ça va avec votre nouveau bébé? »
Je me surprends à poser la question, à engager la conversation avec un parent tout neuf. Je me souviens trop bien des premiers jours de la vie de Paul, de mon besoin de parler, de raconter, de me vanter un peu, sûrement. Je revis ces moments par procuration à travers cette brève conversation.

Un peu plus tard, il me fait un commentaire à la blague sur les changements de couche. Là encore, sans y croire tout à fait, je ne met pas un terme à la conversation. Je partage mon expérience. Je lui raconte la fois où Paul a fait caca à moitié sur moi, à moitié sur le tapis posé sur un canapé qui ne m’appartenait pas. C’était ma première sortie seule avec le bébé. Pour une réunion — évidemment. J’étais fière d’arriver avec Paul, fière d’être debout et en forme pour une activité militante si peu de temps après la naissance, fière d’aller cogner chez mon amie, à la porte voisine pour lui présenter Paul, même brièvement.

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les tranchées

lesideesRécemment, j’ai lu Les tranchées, ouvrage collaboratif écrit par Fanny Britt sur la maternité.  Son sous-titre, « Maternité, ambiguïté et féminisme, en fragments, » m’avait accroché lors de sa publication, qui coïncidait avec la fin de ma grossesse. Le temps de le commander et de le recevoir par la poste, Paul était arrivé et occupait tout mon temps. Puis, la réalité a basculé, Paul est décédé. Me laissant face à un vide immense. Et sans aucune envie de lire des réflexions sur l’ambiguïté de l’expérience maternelle. L’extrême désarroi et les sentiments d’ « inadéquatitude* » qui m’habit(ai)ent expulsaient tout désir de réflexion féministe de mon esprit.

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