sur/vivre

Le soleil brille sur cette journée marquée par mon humeur pluvieuse.
Il n’y a rien de particulier qui ne va pas, que cette période de l’année, pleine de souvenirs des brèves semaines partagées avec Paul, qui se révèle difficile. Il n’y a rien qui ne va pas. Alors je m’entends répondre comme si de rien était aux « comment ça va? » qui ponctuent ma journée.

Je ne sais pas trop quoi faire pour vivre cette tristesse qui m’habite. Un petit bout de réponse se situe certainement dans l’accueil. Laisser être ces sentiments, aller à leur devant, sortir dehors pour les vivre dans l’hiver, dans le temps froid que j’associe à Paul,  les inviter à venir se réchauffer en moi. Accueillir ce qui vient, ce qui est.

Comme le dit si éloquemment Fanny Britt, à Plus on est de fous, plus on lit*, « le deuil, c’est comme le brainstorm, pas de censure permise » (écoutez son intervention ici, c’est superbe, et notamment à partir de 5:45).

Pas de censure, pas de date de péremption, pas de mode d’emploi.

Qu’une ligne de conduite très générale.
continuer à vivre / (faire) vivre les souvenirs / (sur)vivre

 

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* Merci à Sara d’avoir partagé cet extrait

les tranchées

lesideesRécemment, j’ai lu Les tranchées, ouvrage collaboratif écrit par Fanny Britt sur la maternité.  Son sous-titre, « Maternité, ambiguïté et féminisme, en fragments, » m’avait accroché lors de sa publication, qui coïncidait avec la fin de ma grossesse. Le temps de le commander et de le recevoir par la poste, Paul était arrivé et occupait tout mon temps. Puis, la réalité a basculé, Paul est décédé. Me laissant face à un vide immense. Et sans aucune envie de lire des réflexions sur l’ambiguïté de l’expérience maternelle. L’extrême désarroi et les sentiments d’ « inadéquatitude* » qui m’habit(ai)ent expulsaient tout désir de réflexion féministe de mon esprit.

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