un cache-couche

décembre 2012. Je me prépare à partir visiter ma famille en France, juste après Noël. Depuis quelques jours, j’ai une impression un peu particulière, comme si un changement à peine perceptible s’était opéré en moi. Un mois plus tôt, P. et moi avons décidé de nous embarquer doucement dans le projet de fonder une famille. Pour une raison ou une autre, ça me semble peu probable que je sois enceinte aussi rapidement. Mais avec la date de mon départ qui approche, j’ai envie d’en avoir le cœur net.

Je passe un test, puis deux, mais je n’arrive pas à obtenir un résultat clair. En plissant les yeux, on voit  presque une deuxième petite ligne rose, mais ça n’a rien à voir avec le schéma que présente le mode d’emploi ou avec l’idée que j’ai d’un test de grossesse positif. Je décide donc d’aller au CLSC, croyant que je pourrai passer un test sanguin et obtenir une réponse plus définitive. Pendant que je patiente dans la salle d’attente, P. part faire des courses sur la rue Saint-Joseph. On décide de se retrouver après pour diner ensemble.

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jour 25

Le jour 25. On s’est levés un matin normal. On a eu de la visite, on a continué de dire à qui nous le demandait que ça allait bien, que Paul allait bien, et qu’on dormait, relativement, bien. Ça allait tellement bien, en fait, que P. est allé faire quelques heures de travail en se disant qu’il pourrait les reprendre plus tard. On croyait, évidemment, qu’on aurait le temps, plus tard, pour profiter de Paul et passer des journées hivernales en famille.

Je suis partie à pied. Je me sentais en forme, j’étais motivée à sortir avec Paul malgré le froid intense de cette fin janvier. Tout était tellement normal. Jusqu’à ce que ce ne le soit plus.

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un peu d’espoir

Le quotidien a ceci de terrible qu’on s’y habitue.
On s’habitue même au pire. On s’habitue à l’absence parce qu’elle devient familière.

Je me rappelle des tous premiers jours à la maison sans Paul. Je me rappelle de la profondeur sans fin du vide en moi. Autour de moi. Je me rappelle le vertige, le haut-le-cœur. Je me rappelle les mots en boucle dans ma tête. « Qu’est-ce qu’on va faire? »

On a fait ce qu’il y avait à faire. On s’est levé le matin. On a mis un pied devant l’autre. On a fait semblant. Et à force de faire semblant, on a fini par y croire. Je n’y aurais pas cru l’an dernier à pareille date, mais je réussis à vivre à peu près normalement maintenant. Les efforts que me demandent les tâches quotidiennes et les interactions sociales ont diminué de façon considérable au cours des derniers mois.

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