effacé

J’ai un nouvel emploi (j’ai un autre texte qui mijote à ce sujet). Je travaille avec des gens que je ne connais pas encore, et qui ne me connaissent pas encore. Je travaille dans un bureau ouvert, avec mon ordinateur personnel. Pour faire de la place à des nouveaux logiciels, je fais du ménage dans mon ordinateur.

Mon fond d’écran depuis des mois est une photo partagée ici il y a longtemps. Mon père et moi / mon fils et moi. J’adore cette photo de Paul. Elle me rappelle le sentiment de fierté débordant vécu au moment où elle a été prise. Je me rappelle avoir été encore plus fière quand la grand-mère de Paul l’avait vue :  » Il est tellement fort pour un bébé de trois semaines! » Comme si nous n’étions pas, l’une et l’autre, complètement biaisées!marcassin Lire la suite

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aimer

J’aurais aimé te soulever
te faire passer par dessus la barrière de métal
Ton père t’aurait déposé doucement par terre avant d’attraper Aimé pour le mettre sur ses épaules
J’aurais aimé te regarder courir a ses côtés
J’aurais aimé voir ta fierté à passer le fil d’arrivée
sous le soleil de midi-moins-dix

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changement/s

Je ne sais pas à quel moment j’ai arrêté de pleurer tous les jours, après des mois à cohabiter quotidiennement avec les larmes en tout genre — les silencieuses et celles qui ressemblaient à des cris, celles de la rage et du désespoir, celles qui se mélangeaient à des souvenirs heureux et furtifs, celles de la fatigue d’avoir trop pleuré. Éventuellement, sans m’en rendre compte, les pleurs se sont faits moins violents, moins fréquents.

Pendant longtemps ensuite, la vue d’une poussette, d’un ventre arrondi ou d’un bébé de l’âge de Paul suffisait à me chambouler, à désorganiser mes heures et mes journées. Ça s’est poursuivi après l’arrivée d’Aimé, mais petit à petit, j’ai retrouvé un genre de normalité émotionnelle. Les bonnes journées ont pris le dessus sur les moins bonnes. Les moments de découragement et de tristesse débordante se sont espacés.

Ils sont devenus rares.

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quelques textes chez Françoise Stéréo

Un nouveau numéro du magasine Françoise Stéréo était lancé hier. Il regroupe plus de vingt textes autour « du temps comme thème rassembleur, au centre d’une constellation de multiples éléments, de tranches de vie et de considérations théoriques : la famille, la gentrification, les générations, Kant, les pots Mason, la radio, le capitalisme, Harmonium, l’âge, le vieillissement, les vidanges, sky is the limit. » (vous pouvez lire le reste de l’éditorial de Laurence ici).

J’y signe un texte sur le deuil et le passage du temps, tout à fait dans la lignée de ce que je publie généralement ici.

Je n’ai pas encore eu le temps de parcourir l’ensemble des textes mais je souligne déjà ceux-ci, sur des thèmes rejoignant de près ou de loin les enjeux qui m’intéressent sur ce blogue:

  • On est rendu là, par Marie-Ève Duchesne (sur la fin de vie et les adieux)

  • Les garde-robes pleins, par Claudia Beaulieu (sur les choses qui nous restent des personnes qui s’en vont)
  • Je t’attends , par Marie-Michèle Rheault (sur le désir d’enfant, l’attente, l’impatience)

Voilà, bonne lecture!
Et n’hésitez pas à parcourir les riches archives de la revue.

pænser

Je manque de temps pour être triste.

Je me suis entendue dire ça à P. récemment.

Il ne s’était pas passé quelque chose en particulier, pas de drame devant absolument être vécu au moment où il arrive. Pas d’urgence. Simplement l’accumulation de petites tristesses, de petits vides, et la réalisation que je manque de temps pour les vivre.

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écrire

J’écris beaucoup ces jours-ci. Je n’écris pas grand chose ici mais j’empile les paragraphes, extraits d’entrevues après extraits d’entrevues, à partir desquelles je tente de bâtir quelque chose. Les paroles qui me parlent, tressées avec les mots d’auteur.e.s qui m’inspirent (ou à qui j’emprunte un vernis d’autorité intellectuelle!) et mes idées, aussi. J’écris ça. Ce qui devrait éventuellement devenir un mémoire, une fois que tous les morceaux collectionnés seront collés bout à bout, dans un semblant de cohérence.

Et puis j’écris dans ma tête. Des bouts de phrases qui commencent. Des anecdotes que je mets de côté, en me disant que je vais les noter. En faire un billet peut-être. Mais les jours et les mois sont courts. Les heures passent trop vite.

Dans ma tête s’accumulent ces morceaux de mes journées.

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entre-deux

Dans un équilibre précaire

Entre celle qui, après le souper, sort spontanément un album photo. Celle qui en parcours les pages pour montrer à Aimé une photo de ses autres grands-parents, ceux qu’il ne connait pas, ceux dont il n’a pas l’occasion d’apprendre les prénoms.

Entre celle qui lui dit « grand-maman Chris-tine », pour l’entendre dire « maman ‘Tine », comme il dit « maman ‘Nise ». Celle qui a envie de faire du positif, du beau, de transmettre l’amour et l’attention que j’ai reçus.

Et celle qui a envie de gueuler que ça me fait chier.

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