les places vides

Dans les garderies en milieu familial, il y a généralement six enfants dans le groupe. C’est le maximum prévu du moins. À la garderie d’Aimé, il n’y a que cinq enfants. Je ne peux m’empêcher d’imaginer cette place vacante occupée par Paul. Il y a une place pour lui, mais elle reste vide.

À l’anniversaire d’un cousin qui est né trois mois avant Paul, c’est pareil. Je regarde les enfants jouer dans le parc. Je les observe, installés à la petite table de plastique à manger de la pizza. Je vois Aimé prendre doucement sa place parmi les cousins et cousines et je ne peux m’empêcher d’envisager comment les choses auraient pu être.

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du beau

Octobre est un mois dédié à la sensibilisation au deuil périnatal. Pour plusieurs parents, c’est un moment pour prendre du recul, pour faire le point sur leur vécu, et pour partager leur amour pour leur.s bébé.s, notamment par le biais de projets créatifs comme Capture Your Grief (qui propose un thème quotidien pour explorer le deuil par le biais de la photo, un projet auquel j’avais participé activement en octobre 2014).

L’autre jour, au détour d’un échange sur complètement autre chose, j’ai lu cette phrase qui me semblait toute désignée pour les parents qui vivent un tel deuil, et particulièrement pour les personnes qui s’embarquent dans cette aventure photographique pour un mois. Des personnes qui, face à la souffrance, arrivent à créer du beau*…

The most beautiful people we have known are those who have known defeat, known suffering, known struggle, known loss, and have found their way out of the depths. These persons have an appreciation, a sensitivity, and an understanding of life that fills them with compassion, gentleness, and a deep loving concern. Beautiful people do not just happen.

— Elisabeth Kübler-Ross

* Cela dit, tout le deuil n’a pas à être « beau ». Ce qui doit être vécu peut l’être, sans égard à des critères esthétiques et sans s’inquiéter de « bien » faire son deuil…

seul.e.s

« Prenez le petit chemin derrière la maison. Ensuite vous marchez sur l’aboiteau. Peut-être 500 mètres. Vous pouvez pas manquer le parc. »

L’idée me semble bonne. Ça va faire du bien à Aimé de se dégourdir les jambes et de jouer librement. Surtout qu’on a passé la matinée à s’occuper de lui sans trop y mettre de cœur, occupé.e.s à essayer de préparer les bagages pour une dizaine de jours de camping.

« Vous allez voir, c’est comme une épave de bateau. Elle s’appelle Et vogue Aimée. » L’idée semble encore meilleure alors. Incontournable.

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deuil périnatal : vécu des mères immigrantes et de leurs proches

Par le biais des Perséides, j’ai reçu une invitation à prendre part à une recherche du Centre d’études et de recherche en intervention familiale (CERIF) sur le deuil périnatal. Je la partage dans le but de rejoindre des personnes immigrantes ayant vécu ou vivant un deuil périnatal.

Sabrina Zeghiche, coordonnatrice de recherche explique que la participation à l’étude consiste en une entrevue d’une durée de 60 à 90 minutes et à répondre à un court questionnaire. Les entrevues peuvent se faire au domicile des femmes ou à l’endroit de leur choix.

Même si vous ne correspondez pas aux critères de l’équipe de recherche, n’hésitez pas à partager.

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se souvenir de vies trop courtes – le travail de la Fondation J’allume une étoile

Dans les jours qui ont suivi le décès de Paul, j’ai regroupé toutes les photos de lui que son papa et moi avions prises, je les ai copié sur un disque dur. Puis j’ai fait une autre sauvegarde sur une clé USB que j’ai remise à une personne en qui j’ai confiance. Pour une fois, je n’ai pas procrastiné. Dès le tout début, je savais à quel point ces images étaient précieuses.

Annick

Je suis immensément reconnaissante d’avoir partagé quatre semaines de vie et de bonheur avec Paul. Et je tiens aux photos — et aux trop rares vidéos — que nous avons captées au cours de ces semaines. Je sais que nous avons beaucoup de chance d’avoir ces images, presque comme des « preuves » de l’existence de Paul et du moments de joie intense qu’il nous a fait vivre.

Spécifiquement, je suis consciente de la chance d’avoir des photo de notre bébé en santé, heureux, à la maison… C’est beaucoup à cause de ces images que je ne me lasse pas de redécouvrir que je comprends l’immense importance des différents groupes qui offrent des services de photographie aux parents ayant perdu un bébé ou vivant leurs dernières heures avec lui ou elle.

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l’oubli

Au début de la semaine, j’ai vécu un moment surprenant. Un de ces instants où le focus semble se faire de lui-même, rendant soudain limpide une réalité qui nous échappait jusque là. Une réalisation.

Je me sens bien.
Je ne suis plus au fond du gouffre, ni même en équilibre sur une corniche, tentant tant bien que mal de m’accrocher du bout des ongles pour m’en sortir.

Ma vie a retrouvé une relative cohérence — je n’ai plus constamment l’impression étrange de vivre une vie parallèle à ma « vraie vie » après avoir été arrachée de force à la trajectoire qui était la mienne.

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dans mes oreilles

C’est un peu un running gag. À peu près chaque fois que je mentionne un fait un peu inusité pendant une conversation, je précise « j’ai entendu ça dans un podcast ». À vrai dire, depuis que j’ai découvert les podcasts, j’écoute beaucoup moins de musique. J’apprécie trop l’impression de me faire raconter une histoire pour m’endormir, ou aller faire l’épicerie, ou en chemin vers l’université. J’ai même pratiquement arrêté d’utiliser la liste de musique que j’avais construite spécifiquement pour me motiver pendant mes sorties de course, préférant maintenant jogger au rythme des récits d’une diversité de personnes et de communautés.

Dimanche, c’est l’histoire de Juniper, une petite fille née à 23 semaines et 6 jours de grossesse, qui a accompagné mes pas sur l’asphalte parsemée de sable et de sel et de neige noircie.

J’avais écouté cet épisode une première fois il y a plusieurs mois et j’étais curieuse d’entendre la mise à jour promise à la fin de l’heure.

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