état critique

Il y a tout juste quatre ans — il y a déjà, incroyablement, quatre ans — je sortais me promener avec mon bébé dans le froid de janvier. C’était l’une des premières journées de travail de P., après ces semaines passées au chaud avec notre bébé. Il y a quatre ans, à l’entrée d’une pharmacie, Paul se mettait à pleurer et moi, par peur de déranger ou peut-être pour me prouver que je saurais conjuguer la maternité à tous mes autres projets, je prenais une décision que je regretterai toujours. Au lieu de trouver une chaise et de m’arrêter pour allaiter, j’ai replacé Paul dans le porte-bébé et je l’ai allaité debout, près du comptoir postal.

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un anniversaire

Paul aurait eu quatre ans la semaine dernière. Je l’imagine difficilement.

Pourtant, je suis forcée de mesurer la distance qui me sépare de la naissance de Paul. Plus encore, je constate le chemin parcouru depuis le premier anniversaire de Paul que nous avons dû souligner sans lui. Je me rappelle de l’angoisse à l’approche de ce jour, de mon inquiétude de ne pas réussir à souligner cette journée d’une manière qui rende compte du manque immense qui nous habitait.

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ta journée

Mon Paul,

Entre sommeil et éveil, je t’imagine. Je tente de me faire une idée de ce à quoi tu ressemblerais, de ton visage, de la taille que tu aurais aujourd’hui, à la veille de tes quatre ans. J’imagine la fébrilité qui pourrait t’habiter, les demandes spéciales que tu aurais pu nous faire pour marquer ta journée.

Je me force à imaginer ce que signifie cet âge. Quatre ans. J’ai de la difficulté à en prendre la mesure.

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entre-deux

Dans un équilibre précaire

Entre celle qui, après le souper, sort spontanément un album photo. Celle qui en parcours les pages pour montrer à Aimé une photo de ses autres grands-parents, ceux qu’il ne connait pas, ceux dont il n’a pas l’occasion d’apprendre les prénoms.

Entre celle qui lui dit « grand-maman Chris-tine », pour l’entendre dire « maman ‘Tine », comme il dit « maman ‘Nise ». Celle qui a envie de faire du positif, du beau, de transmettre l’amour et l’attention que j’ai reçus.

Et celle qui a envie de gueuler que ça me fait chier.

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il y a trois ans

paul2014

Je prends la mesure du temps qui passe.
Là, tout de suite, en ouvrant mon compte facebook, le site me propose de partager un « souvenir » généré automatiquement. Je sais qu’il y a deux ans, j’aurais trouvé ce rappel cruel. Je sais que l’année dernière, je n’aurais pas osé le partager.

Cette année, je me permet de le faire.
J’hésite encore un peu.
Mais si peu.

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une carte postale

mon Paul,
je t’écris dans le noir du petit matin hivernal, assise dans le salon de ton arrière-grand-mère — une de tes arrière-grand-mères. Depuis notre arrivée en France, nos nuits sont agitées. Ton petit frère peine à s’ajuster aux six heures de décalage horaire qui nous séparent de notre horaire habituel. Il se tourne et se retourne et se réveille et nous réveille. On se lève tard. Les journées sont courtes, trop courtes. Elles passent à toute vitesse.

On vient de descendre de l’avion, il me semble, et pourtant la fin du voyage semble déjà se profiler, dans un après-demain hâtif.

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j’aurais aimé que tu sois là

mon Paul,

Hier on est allé.e.s à l’anniversaire des jumelles.

Je me rappelle leur avoir parlé de toi quand tu n’étais qu’une promesse… Elles avaient si hâte de te rencontrer. Je me rappelle leurs questions, chaque fois que je les voyais. « Est-ce que le bébé est encore dans ton ventre? » Je me rappelle avoir répété « quand ça sera Noël, le bébé va arriver ». (Je voulais croire que tu arriverais quelques jours d’avance!)

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