tout près

Une image qui me parle, qui ressemble à ma réalité…
par Mari Andrew

deuil périnatal : vécu des mères immigrantes et de leurs proches

Par le biais des Perséides, j’ai reçu une invitation à prendre part à une recherche du Centre d’études et de recherche en intervention familiale (CERIF) sur le deuil périnatal. Je la partage dans le but de rejoindre des personnes immigrantes ayant vécu ou vivant un deuil périnatal.

Sabrina Zeghiche, coordonnatrice de recherche explique que la participation à l’étude consiste en une entrevue d’une durée de 60 à 90 minutes et à répondre à un court questionnaire. Les entrevues peuvent se faire au domicile des femmes ou à l’endroit de leur choix.

Même si vous ne correspondez pas aux critères de l’équipe de recherche, n’hésitez pas à partager.

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Disappeared

Je manque de temps et de mots pour décortiquer comment je me sens ces jours-ci… mais parfois les mots des autres réussissent à exprimer ce qu’on ne sait pas dire…

March is for daffodils...

Sometimes it feels like we disappeared her. When M was born, poof! she was gone again, gone differently than the first time, a goneness that sometimes feels more painful, more violent than the cause of her first goneness, her death.

Before M, it was so obvious that she was missing. Before M, everything that happened to our family should have happened to her, with her, too. I saw her always – or saw her absence always – running in the grass with E, sisters playing in the tub together, braiding two girls’ hair and snuggling two girls in bed. Immediately after M, I was disoriented by a second loss of her. Because to my mind, she and he could never be here together and he was incontrovertibly here, so she was incontrovertibly gone. They could never have existed, alive, together, so which one would I choose? Which one would I…

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dans une vie parallèle

Aller faire un tour au marché aux puces avec Aimé.
Croiser une personne avec qui j’ai travaillé il y a plusieurs années.

La dernière fois qu’on s’est vues, c’était par hasard aussi. À la maison de naissance. On était enceintes toutes les deux.
Je me rappelle bien de ça. Mais je ne me rappelle plus si j’étais enceinte de Paul ou d’Aimé.

Je lui demande l’âge de sa fille. J’en conclus que cette rencontre dans une salle d’attente remonte à un peu plus de deux ans.

Paul.

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l’été sans toi

Mon petit marcassin,Ton petit frère grandit. Sans arrêt. Sans toi. 

Il me rend heureuse et m’épate et m’émeut. Mais sa présence, sa peau, ses pleurs et ses petits grognements, son abandon quand il est rassasié, tout ce qu’il fait, tout ce qu’il est me rappelle sans cesse que tu n’es plus. 

Déjà, il est plus vieux que tu ne le seras jamais. Ces courtes semaines ont passé si vite, soulignant plus profondément chaque jour la breveté de ton passage près de nous. Déjà, Aimé est plus grand et plus lourd que tu ne l’as été, me rappelant douloureusement a quel point tu étais petit. Si petit sur le grand lit d’hôpital. Trop petit pour mourir. 

Nous passons la fin de semaine au chalet avec Aimé, comme nous l’avions fait avec toi. Même si les saisons ne sont plus les mêmes, les lieux, les odeurs, le goût de la fondue chinoise, le canapé trop mou rendent l’expérience tellement similaire à celle que nous avions connu avec toi. 

Ton père si enthousiaste à montrer la nature à Aimé, ton grand-père qui le berce avec patience et savoir-faire, la petite voisine de 18 mois qui marche en manquant encore un petit peu d’assurance, tout conspire a mettre en relief ton absence. Tu aurais dû être là et découvrir la forêt, si verte à ce moment de l’année. Tu aurais dû marcher le long du chemin, et te faire bercer pour t’endormir. Tu te serais baigné cette année. Tu aurais partagé notre repas. 

Ensemble nous aurions été une famille entière. Comme je suppose que le sont les voisins, avec les deux enfants qui trottent à leurs côtés. Nous projetons probablement la même image. Une nouvelle famille, avec un nouveau bébé. Ton absence, invisible. Malgré l’immense bonheur que m’amène chaque jour ton petit frère, tu me manques toujours autant. Tu manques a notre famille, à nos familles. 

Je ne m’habitue pas à ton absence. Cruelle, elle se laisse oublier quelques instants pour mieux s’abattre à nouveau sur moi quand je baisse la garde. 

Tu me manques tant mon petit. Mon bébé. 

Je t’aime, Paul. Je t’aime tous les jours. Je t’aime pour toujours. 

impatience

Les derniers jours ont été empreints de confusion, d’impatience, de stress.
De répétition aussi. De « Non, je n’ai pas encore accouché. »

Mes après-midi fatigués sont baignés par des larmes de frustration, et par ma gêne de ne pas réussir à terminer cette grossesse de façon plus positive, plus gracieuse, ou honorable, ou je-ne sais-quoi…

L’attente, l’impatience, la peur devant l’inconnu ont toutefois cet effet secondaire positif. Par rapport à l’année dernière, je ne me suis pas sentie aussi agressée par la chorale consensuelle qui appelle à souligner la fête des mères à coups de cartes et de brunchs et de fleurs. Je ne me sens pas particulièrement seule aujourd’hui, enfant sans ma mère, mère sans mon enfant, parce que je me sens tellement seule ces jours-ci. Les jours d’attente, d’inquiétude, d’impatience noient cette journée dans un cocktail confus de hâte et d’impuissance et diluent son importance. Aujourd’hui comme hier, comme demain probablement, mon empressement à accoucher domine mes sentiments. Lire la suite