annonce(s) II

** pour celles et ceux qui n’ont pas lu la mise en contexte de la semaine dernière, c’est par ici **

Après la mort de Paul, j’ai cherché, obstinément, à lire des récits de parents endeuillés qui pourraient me rejoindre. J’avais été déçue par ce qui semblait être LE livre destiné aux parents vivant le deuil d’un bébé au Québec. Je cherchais, j’espérais des témoignages de parents endeuillés qui seraient plus près de ce qui m’habitait alors. J’avais besoin de lire des mots sans édulcorant, de la douleur, de l’horreur. J’avais besoin d’aller au-delà des petits anges qui peuplent l’imaginaire du deuil périnatal. J’avais besoin de cru, de déchirant, de laid. J’avais besoin de beau aussi, et je ne trouvais pas.

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Je ne me souviens plus comment j’ai annoncé que j’étais de nouveau enceinte, moins d’un an après la naissance de Paul. Je pourrais retourner lire dans les archives de mes courriels, de Facebook, de WordPress — tout y est consigné — mais je n’en ressens pas le besoin. Je ne me rappelle pas non plus comment nous avons annoncé publiquement que j’étais enceinte de Paul (qui n’était pas encore Paul à ce moment).

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son frère

** Je publie ce texte non sans avoir hésité et réfléchi à ce que ça implique de partager des bouts de la vie d’Aimé. Il est petit encore pour m’aider à prendre la décision de partager ou non ses pensées, mais je ne prends pas son droit à la vie privée moins au sérieux pour autant. Je publie en sachant que je fais peut-être une erreur que je devrai éventuellement corriger.

L’été dernier, quand Aimé avait deux ans et des poussières, je me demandais si nous devions nous inquiéter du développement de son langage. Patrice avait confiance que tout était normal, j’essayais de me convaincre que chaque enfant développe ses différentes aptitudes à son propre rythme. Je ne m’étais pas inquiétée quand Aimé avait fait différents apprentissages un peu plus tôt que prévu, je tentais donc de relativiser. Pourtant, j’avais de la difficulté à ne pas comparer Aimé à d’autres enfants, j’avais de la difficulté à ne pas m’inquiéter.

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état critique

Il y a tout juste quatre ans — il y a déjà, incroyablement, quatre ans — je sortais me promener avec mon bébé dans le froid de janvier. C’était l’une des premières journées de travail de P., après ces semaines passées au chaud avec notre bébé. Il y a quatre ans, à l’entrée d’une pharmacie, Paul se mettait à pleurer et moi, par peur de déranger ou peut-être pour me prouver que je saurais conjuguer la maternité à tous mes autres projets, je prenais une décision que je regretterai toujours. Au lieu de trouver une chaise et de m’arrêter pour allaiter, j’ai replacé Paul dans le porte-bébé et je l’ai allaité debout, près du comptoir postal.

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un anniversaire

Paul aurait eu quatre ans la semaine dernière. Je l’imagine difficilement.

Pourtant, je suis forcée de mesurer la distance qui me sépare de la naissance de Paul. Plus encore, je constate le chemin parcouru depuis le premier anniversaire de Paul que nous avons dû souligner sans lui. Je me rappelle de l’angoisse à l’approche de ce jour, de mon inquiétude de ne pas réussir à souligner cette journée d’une manière qui rende compte du manque immense qui nous habitait.

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