un anniversaire

Paul aurait eu quatre ans la semaine dernière. Je l’imagine difficilement.

Pourtant, je suis forcée de mesurer la distance qui me sépare de la naissance de Paul. Plus encore, je constate le chemin parcouru depuis le premier anniversaire de Paul que nous avons dû souligner sans lui. Je me rappelle de l’angoisse à l’approche de ce jour, de mon inquiétude de ne pas réussir à souligner cette journée d’une manière qui rende compte du manque immense qui nous habitait.

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matin d’Islande

J’ai eu le bonheur de faire un voyage en Islande au début octobre. Neuf jours avec quatre amies de longue date pour un petit périple à bord d’un petit campeur dans ce pays qu’aucune d’entre nous ne connaissait. La coupure avec le quotidien, les moments de calme, les fous-rires et les longues discussions m’ont fait autant de bien que la beauté des paysages islandais et la joie de découvrir des espaces inconnus (pour moi).

Je suis partie un peu tendue pour différentes raisons — professionnelles, surtout — mais j’ai réussi à résoudre une part des dilemmes qui m’habitaient au cours des premiers jours du voyage et j’ai senti que je retrouvais l’espace mental qui me manque trop souvent au quotidien. De l’espace pour Paul, notamment.

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effacé

J’ai un nouvel emploi (j’ai un autre texte qui mijote à ce sujet). Je travaille avec des gens que je ne connais pas encore, et qui ne me connaissent pas encore. Je travaille dans un bureau ouvert, avec mon ordinateur personnel. Pour faire de la place à des nouveaux logiciels, je fais du ménage dans mon ordinateur.

Mon fond d’écran depuis des mois est une photo partagée ici il y a longtemps. Mon père et moi / mon fils et moi. J’adore cette photo de Paul. Elle me rappelle le sentiment de fierté débordant vécu au moment où elle a été prise. Je me rappelle avoir été encore plus fière quand la grand-mère de Paul l’avait vue :  » Il est tellement fort pour un bébé de trois semaines! » Comme si nous n’étions pas, l’une et l’autre, complètement biaisées!marcassin Lire la suite

octobre

L’été a traîné mais il a fini par s’en aller. Ça y est, la fraîcheur des nuits d’automne s’est installée. Je fais quelques pas à l’extérieur du chalet. Le sable crisse sous mes semelles. La nuit tombée presque trop tôt est claire. La grande ourse au-dessus de moi pointe ton étoile. Polaire.

Tu m’as manqué pendant cette journée et demie hors de la ville. Ces lieux me rappellent les journées d’automne passées à t’attendre, à te rêver. Ça m’étourdit de constater que quatre années ont passé depuis. Tu étais minuscule alors. Tu n’étais presque pas encore.

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changement/s

Je ne sais pas à quel moment j’ai arrêté de pleurer tous les jours, après des mois à cohabiter quotidiennement avec les larmes en tout genre — les silencieuses et celles qui ressemblaient à des cris, celles de la rage et du désespoir, celles qui se mélangeaient à des souvenirs heureux et furtifs, celles de la fatigue d’avoir trop pleuré. Éventuellement, sans m’en rendre compte, les pleurs se sont faits moins violents, moins fréquents.

Pendant longtemps ensuite, la vue d’une poussette, d’un ventre arrondi ou d’un bébé de l’âge de Paul suffisait à me chambouler, à désorganiser mes heures et mes journées. Ça s’est poursuivi après l’arrivée d’Aimé, mais petit à petit, j’ai retrouvé un genre de normalité émotionnelle. Les bonnes journées ont pris le dessus sur les moins bonnes. Les moments de découragement et de tristesse débordante se sont espacés.

Ils sont devenus rares.

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