bilan et (dé)buts

[Directement ou indirectement, plusieurs personnes m’ont récemment amenée à réfléchir à mes objectifs de vie et à ce que j’envisage comme quotidien pour ma famille. Ce texte fait le point sur certaines de mes réflexions du moment et sort un peu du ton habituel de ce blogue, au risque de tomber dans le très mondain. Vous êtes prévenu.e.s!]

Comment savoir où sont nos limites? Où est l’espace qui nous revient, pour lequel on n’a pas besoin de se justifier? Où sont nos moments à nous, pour faire ce que l’on veut et non ce que l’on doit, pour prendre soin de soi, de sa famille, pour se prioriser?

Je me rends compte que j’ai de la difficulté à visualiser ce que je veux comme temps et comme espace pour moi comme parent — pour mes enfants — et pour moi comme personne — pour mes projets, mes envies et mes besoins.

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des araignées et des livres

On pourrait croire que toutes les araignées de la ville se donnent rendez-vous sur les passerelles qui enjambent la rivière près de chez nous. C’est peut-être seulement que je les remarque là plus qu’ailleurs, je ne sais pas. Elles attirent particulièrement l’attention à la noirceur sur la passerelle la plus récente parce que leurs toiles sont rétro-éclairées par des ampoules cachées derrière les mains-courantes.

En passant là l’autre soir, je me suis arrêtée pour regarder une araignée tisser sa toile, patiemment, précisément. Malou était avec moi, dans le porte-bébé, et je me suis dit que j’aimerais en savoir plus sur les araignées pour pouvoir lui expliquer un jour comment elles arrivent à réaliser leurs toiles sans se mêler.

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s’attacher

Ça fait un moment que je me questionne sur le lien d’attachement qui existe entre Malou et moi. Est-ce qu’il est assez fort? Est-ce qu’il est aussi fort que le lien que j’avais avec Aimé au même âge? Est-ce que mon amour est aussi profond que celui que j’ai eu pour Paul dès sa naissance? Quand je parle avec Aimé et que je m’émerveille d’avoir accès à toutes les idées qu’il verbalise, à son imaginaire foisonnant, j’oublie parfois que ces discussions sont récentes et que le lien qui m’unit maintenant si profondément n’est pas nouveau, mais simplement renouvelé, transformé.

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des peurs

Patrice me tend son téléphone et m’annonce en souriant : « Elle est prête au combat ». Sur l’écran, une photo de Malou, un poing refermé levé près de sa tête. Comme une bébé révolutionnaire. Ça devrait me faire sourire aussi, mais des larmes m’échappent alors que je dépose le téléphone sur la table.

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Avec un bébé de quelques semaines, on se fait souvent demander comment ça va. C’est d’autant plus le cas après avoir passé près de deux semaines à l’hôpital avec ce bébé.

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25 jours

Aujourd’hui, Malou a 25 jours. Très exactement 25 jours depuis quelques minutes.

Le jour où Paul a eu 25 jours, le quotidien s’est arrêté pour faire place à l’impossible. Mon cœur s’est retourné en moi, mon estomac s’est emmêlé, tout a arrêté de fonctionner. Nous ne le savions pas encore, au soir du vingt-cinquième jour, mais il nous restait si peu de temps avec Paul. Et plus aucun moment normal. Que du compliqué, de l’inquiet, du douloureux.

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des nouvelles de bébé d’été

Je voulais écrire pour mettre de l’ordre dans mes pensées et mes sentiments contradictoires mais je manque de temps libre et de concentration alors je me contenterai d’un billet plus factuel pour l’instant et je décortiquerai mes émotions plus tard. [Avertissement par rapport au contenu pour les parents qui vivent un deuil : je parle de la naissance de mon bébé et d’hospitalisation.]

Pour plusieurs raisons, en tenant compte de mon historique d’accouchements, nous avions convenu, avec l’équipe de sages-femmes qui suivait ma grossesse, que j’aurais une césarienne planifiée. Je devais donc accoucher le 26 juillet. Il y a quelque chose de particulier à connaître d’avance la date de naissance d’un bébé. Je m’en étonnais tout en voyant les côtés positifs de ce rendez-vous fixé d’avance. C’était facilitant pour s’assurer qu’Aimé se fasse garder et qu’il sache à quoi s’attendre. C’était aussi une information précieuse pour m’aider à me préparer à une césarienne qui m’angoissait énormément.

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un vendredi

Les derniers jours ont passé vite. Aimé est retourné à la garderie après deux semaines de congé. Patrice au travail, j’ai passé la semaine à tenter préparer l’arrivée de bébé d’été (ou « bébé Rue », son surnom officiel).

Je suis en congé et ça me fait du bien, mais j’ai l’impression d’avoir manqué de temps pour vraiment me préparer. Du côté matériel et logistique, les cinq derniers jours ont permis de cocher les items les plus important de la liste. Bébé Rue a maintenant un lit, un siège d’auto, des vêtements à peu près triés, des couches et même des petites lingettes lavables faites maison. Il ne nous manque rien de trop important, on a hâte de l’accueillir parmi nous.

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