c’est débile!

« J’ai fait l’ado attardée.  »
« Il est tellement mongol.  »
« C’est vraiment handicapé.  »
« Wow, c’est débile!  »

D’une oreille, je continue d’écouter ce que la personne en face de moi me raconte. En même temps, je calcule ma réaction. Je laisse passer comme si je n’avais rien entendu? Je passe un commentaire? Comment j’aborde la question? Est-ce que la personne a remarqué son choix de mot? Je dis quoi?

Je suis entourée de gens qui ont à cœur l’inclusion de toutes et tous dans la société et pourtant, j’entends ce genre de commentaire très régulièrement. Dans les derniers mois, à plusieurs reprises, je me suis retrouvée à me demander comment réagir face à ces termes semés sans arrière-pensée au fil des conversations.

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la rentrée

Promenade de soirée dans notre nouveau quartier. Malou est dans le porte-bébé, les paupières lourdes. On longe la vitrine d’un magasin qui s’annonce comme la « Zone de la rentrée ». Je sais qu’elle arrive, cette rentrée. Au mois de mai, déjà, Aimé nous a fait des compte-rendus enthousiastes des journées de préparation à la maternelle auxquelles ont assisté son cousin et un autre copain de son groupe de garderie. Il a déjà hâte que ce soit son tour. L’année prochaine. Quand il aura cinq ans.

Ce sera notre tour aussi. On achètera des crayons, on collera des étiquettes, on accompagnera notre petit pour sa première journée avec son sac à dos trop plein et sa boite à lunch. On prendra trop de photos pour documenter la journée. On vivra, j’imagine, les émotions qui accompagnent les grandes étapes qui commencent.

Cette année, nous ne préparons rien de particulier. Pas de crayons, ni d’étiquettes. Pas de lunchs ni de sac à dos. La rentrée approche mais Paul ne découvrira pas sa classe de maternelle après qu’on l’ait serré dans nos bras un peu trop fort.

Vas-y mon amour, va rejoindre tes ami.e.s!
Attends! Regarde moi! Une dernière photo!

Il n’y aura pas de photo de lui. Pas de souvenir de cette première rentrée.
Qu’un enfant en moins dans une classe du quartier. Qu’un moment imaginé.

Quelques coins de rue plus loin, Malou s’endort. Je rentre à la maison, perdue dans mes rêveries.

 

2014-09-19_corazon