il y a deux ans

Matin typique, avec peut-être une once de fatigue de plus que d’habitude.
« Let’s go Aimé, laisse-moi mettre ta couche »
« Allez, ça te prend des pantalons pour aller à la garderie »
« Mange un peu, mon amour »
« Non, tu peux pas mettre tes bottes avant ton habit de neige »

Midi moins typique avec P.. En parlant de notre voyage à la Nouvelle-Orléans il y a deux ans, on se rend compte qu’on se souvient mal de ce qu’on y a fait, à part visiter des ami.e.s à moi…

Relire mes mots d’il y a deux ans me rappelle pourquoi ma mémoire est si embourbée.

Il y a deux ans j’étais enceinte pour un troisième temps des fêtes d’affilée.
Il y a deux ans, je faisais mes comptes : deux ans plus tôt, j’avais fait une fausse-couche au tournant de l’année 2012. Puis j’avais passé l’année 2013 à traverser une grossesse que j’ai trouvé éprouvante. 2014, amorcée dans les espoirs immenses, et l’arrivée de Paul un soir glacé du tout début d’année, s’était soldé par un anéantissement total, à peine le mois de janvier terminé.

Il y a deux ans, j’avais la chienne de commencer une nouvelle année. J’avais peur que 2015 puisse être pire encore que les années qui l’avaient précédée. J’avais vraiment de la misère à croire qu’on aurait éventuellement la joie de rencontrer le bébé qui poussait dans mon ventre. Je n’osais pas imaginer qu’il allait vivre, grandir, sourire.

Il y a deux, ans, je voulais croire –

ton papa et moi, on t’a acheté un petit pyjama
pour nous aider à croire que dans cinq mois, tu seras dans nos bras.

Je voulais attendre Aimé – qui n’avait pas encore de prénom – avec impatience, lui faire une place au chaud dans ma vie. Je voulais, je voulais, mais je n’osais pas tenir son arrivée imminente pour acquise.

En fait, ce n’est que récemment que je me suis – un peu – libérée de l’impression que nos jours de bonheur étaient comptés. (Écrire ça me donne l’impression de de faire preuve de trop d’imprudence, de tenter le destin – whatever that is…)

2015 a été douce pour notre cocon familial
2016 aussi, après tout, même si ça pète partout autour de nous

Les tranchées de 2014 guérissent doucement, le quotidien prend le dessus, souvent. Mais cette période de l’année me fait prendre des pauses, appelle à faire des bilans, invite à échafauder des plans… Alors j’échafaude. Tranquillement…
j’y reviendrai.

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