il y a deux ans

Matin typique, avec peut-être une once de fatigue de plus que d’habitude.
« Let’s go Aimé, laisse-moi mettre ta couche »
« Allez, ça te prend des pantalons pour aller à la garderie »
« Mange un peu, mon amour »
« Non, tu peux pas mettre tes bottes avant ton habit de neige »

Midi moins typique avec P.. En parlant de notre voyage à la Nouvelle-Orléans il y a deux ans, on se rend compte qu’on se souvient mal de ce qu’on y a fait, à part visiter des ami.e.s à moi…

Relire mes mots d’il y a deux ans me rappelle pourquoi ma mémoire est si embourbée.

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la musique

Aimé s’est mis à chanter.
Ce n’est pas encore limpide, mais depuis une semaine ou deux, on distingue Au clair de la lune, qu’il a appris à la garderie.

L’entendre chanter, ça évoque des souvenirs de mes parents.

Des souvenirs de ma mère, qui fredonnait beaucoup, qui m’a laissé en héritage plein de bribes de chansons, et quelques autres dont toutes les paroles sont gravées en moi. Lire la suite

explorer

J’essaie ces jours-ci de me concentrer à écrire mon mémoire mais je m’éparpille dans plein de projets. Certains, rêvés il y a longtemps et oubliés, qui s’imposent soudain à moi. D’autres, récents, que j’ai de la difficulté à refuser. Et puis il y a ce projet-ci, espace-lieu d’écriture destiné à Paul, à mes souvenirs de lui, aux manières qu’il a de continuer d’être présent, à la vie qui se poursuit.

L’urgence de chercher, de creuser, et de partager mes réflexion, constante dans les premiers mois du deuil, s’est apaisée. Elle va et vient et revient selon un rythme qui lui appartient. Elle se manifeste parfois dans des contextes étonnants.

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déclencheurs

Je suis parfois étonnée de me sentir si bien, de vivre tant de moments de joie, ou de m’inquiéter de petites choses désagréables qui pèsent si peu face à des événements réellement difficiles — les traces laissées par des bottes, le repas qui a un peu brûlé. L’intensité du deuil des dernières années est encore assez vive dans ma mémoire pour que je sois surprise de réussir à vivre aussi « normalement » aujourd’hui.

Peu de temps après avoir entamé ce blog, je notais à quel point n’importe quel mot, n’importe quel objet, aussi insignifiant soit-il, pouvait être un élément déclencheur de souvenirs douloureux. Je me souviens avoir été souvent prise de court. Arriver à une fête de quartier au tout début de l’été sans m’être préparée à voir autant de bébés, de poussettes et de jeunes enfants. Avoir envie de me sauver, d’éviter d’entrer en contact avec tous ces gens au bonheur apparemment si insouciant.

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