échappé(e)

Pendant des mois, j’ai écrit à peu près tous les jours. Sur Paul. À Paul. Pour Paul. Je m’installais au clavier, souvent sans avoir trop réfléchi au sens de ce que je voulais dire, encore moins aux mots qui pourraient l’exprimer. Pendant des mois, les mots ont poussé au bout de mes doigts sans que j’ai à y penser. Je me relis de temps en temps et je m’étonne de ce qui m’habitait. Il y a une marge entre me souvenir d’avoir été démolie, et lire mes pensées, telles qu’elles se sont exprimées quotidiennement.

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le temps qui traine

Une image flotte dans ma tête aujourd’hui.

Je me vois, enjamber la neige accumulée en bordure de la route. Il fait froid. Le sol glissant et inégal témoigne d’une succession de redoux et de reprises du gel. Le moindre trajet en voiture, inévitablement parsemé de soubresauts, se répercute au bas de mon ventre, tirant sur la cicatrice d’une césarienne imprévue et non souhaitée. Je n’arrive pas non plus à soulever la coquille qui protège notre bébé contre les aléas de la route et contre le froid.

P. s’en charge. Je me contente d’éviter de tomber. Nous marchons vers le bureau d’un avocat. Une fois à l’intérieur, dans l’ascenseur, nous pouvons découvrir un peu Paul, emmitouflé. Minuscule. Magnifique. Lire la suite

pincement

Un statut facebook en néerlandais.
Vestige d’un échange scolaire que j’ai fait il y a plus de dix ans, au temps où je jouais du saxophone dans l’harmonie de l’école, et où j’avais participé à un échange musical. Ma twin était grande et belle. Elle était toujours bien coiffée. Elle jouait du piano. J’avais envers elle un petit complexe d’infériorité pas assumé. Heureusement qu’elle a séjourné chez moi avant que j’aille chez elle et que je découvre les formidables lunchs concoctés et savamment empaquetés chaque matin par sa mère, sinon j’aurais aussi eu un complexe par rapport à l’accueil qu’on lui avait réservé à Québec.

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