emmêlée

mes mots emmêlés
fils débobinés que je peine à ordonner

quitter mon cours de judo chamboulée
avoir de la difficulté à trouver les mots
accepter ceux des autres
ceux qui ne disent pas ma vérité mais leur malaise

sourire
répondre
Il a onze mois. Il s’appelle Aimé.
sourire

sourire
même quand on ignore ce que j’ai dit

J’ai deux enfants.

sourire
même en regrettant que ta vie soit effacée
qu’elle ne déclenche pas, elle aussi

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deux ans — esquisse de bilan

Ça a fait deux ans que j’ai commencé à écrire ici. Je me suis rendu compte de ça cette semaine.

J’avais déjà relu le tout premier texte que j’ai écrit pour ce blogue, mais pas les suivants.

En les imaginant, en les rédigeant, j’avais tant de difficulté à dire et à décrire ce que je vivais. J’étais désorientée, j’écrivais pour essayer de reprendre un peu de contrôle sur la trajectoire de ma vie.

J’ai l’impression que tant a changé depuis deux ans. Pourtant, en me relisant, je suis surprise de voir que les questions que je me posais alors continuent de m’habiter, que mes réflexions, si elles se sont modulées au fil du temps, n’ont pas fondamentalement changé.

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se souvenir de vies trop courtes – le travail de la Fondation J’allume une étoile

Dans les jours qui ont suivi le décès de Paul, j’ai regroupé toutes les photos de lui que son papa et moi avions prises, je les ai copié sur un disque dur. Puis j’ai fait une autre sauvegarde sur une clé USB que j’ai remise à une personne en qui j’ai confiance. Pour une fois, je n’ai pas procrastiné. Dès le tout début, je savais à quel point ces images étaient précieuses.

Annick

Je suis immensément reconnaissante d’avoir partagé quatre semaines de vie et de bonheur avec Paul. Et je tiens aux photos — et aux trop rares vidéos — que nous avons captées au cours de ces semaines. Je sais que nous avons beaucoup de chance d’avoir ces images, presque comme des « preuves » de l’existence de Paul et du moments de joie intense qu’il nous a fait vivre.

Spécifiquement, je suis consciente de la chance d’avoir des photo de notre bébé en santé, heureux, à la maison… C’est beaucoup à cause de ces images que je ne me lasse pas de redécouvrir que je comprends l’immense importance des différents groupes qui offrent des services de photographie aux parents ayant perdu un bébé ou vivant leurs dernières heures avec lui ou elle.

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je ne dis rien

Quand j’étais enceinte de Paul, j’ai lu beaucoup. Plusieurs livres de préparation à l’accouchement, quelques uns sur la vie avec un bébé et l’éducation des enfants. Et des sites. Et des apps. Et puis j’ai joint quelques groupes facebook qui me semblaient en phase avec les valeurs que je voulais avoir comme parent.

Je me reconnais(sais) dans certaines pratiques sans avoir à y réfléchir très longtemps. Rapidement, j’ai su que je voulais allaiter, et j’avais hâte d’utiliser les deux porte-bébés différents donnés par ma cousine.

Dès les premiers jours de Paul, nous l’avons porté dans une écharpe extensible. C’était simple, et doux, et chaleureux. Il était collé contre nous, bien au chaud malgré le froid perçant de janvier. Nous étions bien.

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l’oubli

Au début de la semaine, j’ai vécu un moment surprenant. Un de ces instants où le focus semble se faire de lui-même, rendant soudain limpide une réalité qui nous échappait jusque là. Une réalisation.

Je me sens bien.
Je ne suis plus au fond du gouffre, ni même en équilibre sur une corniche, tentant tant bien que mal de m’accrocher du bout des ongles pour m’en sortir.

Ma vie a retrouvé une relative cohérence — je n’ai plus constamment l’impression étrange de vivre une vie parallèle à ma « vraie vie » après avoir été arrachée de force à la trajectoire qui était la mienne.

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knitting tree 2016

carrés_paulJ’ai parlé à quelques reprises du magnifique projet Knitting Tree, lancé en l’honneur de Marlo, une toute petite qui est décédée en 2011. Pour la quatrième année, sa maman sollicite la participation de parents et de proches de bébés décédés pour créer un immense tricot-graffiti dans le jardin qu’elle a créé pour Marlo.

En 2014 et 2015, j’ai envoyé des carrés brodés ou tricotés en l’honneur de Paul, par moi et d’autres personnes qui l’aiment. Chaque fois, ça m’a fait du bien de prendre le temps de créer un tout petit drapeau pour signifier sa présence dans le monde, et chaque fois j’ai été touchée de voir les résultats de tant de travail et d’amour conjugués, dans la vidéo produite à la suite du projet. Alors je commence tout doucement à penser à ce que j’enverrai cette année…

 

Si vous souhaitez que votre bébé ou un bébé que vous aimes soit représenté dans le jardin de Marlo, voici l’appel à contribuer pour cette année: