dans mes oreilles

C’est un peu un running gag. À peu près chaque fois que je mentionne un fait un peu inusité pendant une conversation, je précise « j’ai entendu ça dans un podcast ». À vrai dire, depuis que j’ai découvert les podcasts, j’écoute beaucoup moins de musique. J’apprécie trop l’impression de me faire raconter une histoire pour m’endormir, ou aller faire l’épicerie, ou en chemin vers l’université. J’ai même pratiquement arrêté d’utiliser la liste de musique que j’avais construite spécifiquement pour me motiver pendant mes sorties de course, préférant maintenant jogger au rythme des récits d’une diversité de personnes et de communautés.

Dimanche, c’est l’histoire de Juniper, une petite fille née à 23 semaines et 6 jours de grossesse, qui a accompagné mes pas sur l’asphalte parsemée de sable et de sel et de neige noircie.

J’avais écouté cet épisode une première fois il y a plusieurs mois et j’étais curieuse d’entendre la mise à jour promise à la fin de l’heure.

Lire la suite

petits instants

Mon quotidien est parsemé de ces instants où la présence de Paul occupe tout mon esprit.
Des moments furtifs. Parfois douloureux, parfois profonds, parfois tout simples.

Des moments comme mercredi, alors que je récupérais ma commande au marché de proximité. Une dame que je ne connais pas raconte à un bénévole, puis à une connaissance qu’elle vient de croiser, l’hospitalisation d’un de ses petits-enfants. « Ça a été stressant… il a même pas un an ». Je n’entends plus les histoires d’hôpital comme avant.

Lire la suite

j’aurais aimé que tu sois là

mon Paul,

Hier on est allé.e.s à l’anniversaire des jumelles.

Je me rappelle leur avoir parlé de toi quand tu n’étais qu’une promesse… Elles avaient si hâte de te rencontrer. Je me rappelle leurs questions, chaque fois que je les voyais. « Est-ce que le bébé est encore dans ton ventre? » Je me rappelle avoir répété « quand ça sera Noël, le bébé va arriver ». (Je voulais croire que tu arriverais quelques jours d’avance!)

Lire la suite

repas imaginaire

Demain, ma mère aurait eu 65 ans. Il me semble que c’est le genre d’anniversaire qu’on doit souligner. À vrai dire, j’aime souligner tous les anniversaires. Quand on peut prendre une journée pour célébrer quelqu’un-e, pourquoi ne pas le faire?

Et 65 ans, ça semble significatif — ça sonne comme un âge de retraite, un âge pour profiter de ses petits-enfants, pour se mettre à genoux sur le plancher et jouer, pour voyager un peu.

Lire la suite

ton frère

mon Paul,

Il y a des instants où je pense à toi avec sérénité, d’autres où la tristesse prend le dessus, et la colère parfois. Il y a des rappels inattendus de ta vie dans mon quotidien, et d’autres plus convenus. Normaux, presque.

Comme ton frère qui dort, le corps dans un abandon total, les lèvres entrouvertes. Dans ces moments vos visages se confondent dans mon esprit, bébés emmitouflés en ces mois hivernaux. L’été dernier, ton papa disait à la blague à Aimé qu’il allait être surpris quand le temps froid allait revenir, lui qui ne connaissait le Québec que comme un climat « tropical ».

Toi, tu n’as connu que le froid mordant de janvier. Lire la suite

parler/écouter

« Bravo! Bravo de dire « oui » à la vie! »

J’aime parler de Paul.
J’aime entendre parler de Paul.
J’aime quand une personne me dit qu’elle a pensé à Paul, ou que son enfant en a parlé.

J’aime que Paul existe dans l’esprit des personnes qui nous entourent, qu’il continue de grandir en peuplant l’imaginaire de nos ami-e-s, de nos neveux et nièces, de ceux et celles qui ont eu l’occasion de le rencontrer — en personne ou en histoires.

J’aime sentir que Paul ne vit pas qu’en nous, qu’il ne nous appartient pas. J’aime sentir qu’à sa manière, il existe en orbite de nos vies, nous frôlant par moments pour mieux s’éloigner, prendre son envol, nous revenir plein de lumière. Lire la suite