reading notes

A few chosen words from Joan Didion’s The Year of Magical Thinking, a memoir written after the sudden death of her husband and while her daughter is facing some serious health issues.

I’m here. You’re going to be all right.
[…]
I’m here. Everything’s fine.

[…]
It occurred to me during those weeks that this had been, since the day we brought her home from St. John’s Hospital in Santa Monica, my basic promise to her. I would not leave. I would take care of her. She would be all right. It also occurred to me that this was a promise I could not keep. I could not always take care of her. I could not never leave her. She was no longer a child. She was an adult. Things happen in life that mothers could not prevent or fix. (p. 96-97)

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émotive 

Une semaine tout juste depuis son arrivée. Je baisse les yeux sur Aimé et les petits plis de son cou, sa peau de nouveau-né qui pèle un peu, ses petites mains curieuses font enfler en moi un sentiment de tendresse sans fond, mêlé d’un intense désir de protection. Dix fois, cent fois par jour et par nuit, je m’assure qu’il respire. Je pose la main sur sa cage thoracique pour en sentir les mouvements, je lui caresse la joue pour qu’il réagisse doucement, je guette les sons légers qu’il émet pendant le sommeil. Un instant, alors, je me sens rassurée. Mais par moments, je suis emportée par le savoir intime que je ne peux pas tout contrôler, ni le protéger des aléas de la vie. Par moments les larmes m’envahissent, mélange de peur et d’amour pour ce tout petit être dont nous avons la charge, de tristesse et de frustration de n’avoir rien pu faire pour protéger son grand frère de la mort.

Je suis émotive.

Ça va de soi, j’imagine.

Pourtant, depuis cinq jours, je rejoue dans ma tête les interactions que j’ai eues avec cette infirmière dont le ton donnait à ce qualificatif toutes les caractéristiques d’un diagnostic inquiétant, voire d’une insulte.

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sous la surface

dans le calme et la tiédeur du soir
une vague intense d’émotions
une déferlante de bonheur
quand je baisse les yeux sur mon fils
quand je le nourris
quand je le respire
quand je sens sa toute petite main aérienne
se déposer sur la mienne

sous la surface
des courants contraires me malmènent
superposent les expériences
entremêlent les histoires
les ressemblances sont frappantes
tout va si bien
tout allait si bien
tout a sombré si vite

il ne reste
qu’à braver
l’inconnu
la peur

il ne reste
qu’à nager
sans perdre pied
sans (trop) dériver

Aimé…

Après s’être laissé attendre une dizaine de jours, bébé-de-mai est enfin arrivé. Aimé est né le 21 mai et se porte à merveille. 

Comme son grand frère, il est doux et beau et plein de vigueur. Je l’aime déjà tant et j’ai hâte de le découvrir et de le voir grandir. 

J’attendrai à plus tard pour raconter et disséquer les émotions que sa venue provoque, et comment ça transforme et transformera mon lien à Paul et à aux expériences de la maternité, de la mort, du deuil. Pour tout de suite, je sentais le besoin de partager que cet événement que nous avons attendu impatiemment est arrivé. 

Les neuf mois de traversée de la grossesse sont terminés. Devant nous, une immense étendue inconnue à perte de vue. Une vie entière à découvrir, tant de chemin à parcourir sans en connaître la longueur, la durée. Nous posons prudemment les pieds sur ce sentier qui pourrait se révéler traître — comment oublier que la route est parfois si courte sans raison? J’entame le chemin, accompagnée par mon petit marcassin, bercée entre le l’inquiétude face à l’avenir et la tristesse de redécouvrir ce qui nous a été arraché, mais aussi, portée par le bonheur de l’arrivée d’Aimé, par sa toute petite main qui me tire vers l’avant. 

 

en attendant

J’ai de la difficulté à écrire. Mon esprit est trop occupé par l’impatience et une part de moi a peur de laisser une trace écrite de mon état d’esprit actuel. S’il arrivait quelque chose à bébé-de-mai, je m’en voudrais de ne pas avoir profité de chaque moment de cette grossesse à son plein potentiel.

Mais dans la réalité, mes mains et mes pieds enflés, l’inconfort prononcé de presque chaque mouvement, et les petites frustrations quotidienne (aujourd’hui, par exemple: apprendre que mon rendez-vous de suivi était reporté à demain) m’empêchent de me connecter au bonheur de porter en moi la promesse d’une vie qui se déploiera sous nos yeux. Mon sentiment de ras-le-col total a pris le dessus sur ces considérations plus nobles…

ShareAlors à la place, je lis, j’écoute, je regarde.
Je colorie même (!) Lire la suite

finding calm

How do you find calm in the turmoil and agitation?
Somewhere in me, i know i need to wait for this baby to be ready to come on his/her own, i know stressing out doesn’t help me, and doesn’t make time speed up as i wish it would. I know my state of mind in this limbo between when bébé-lentille could have been here and when s/he will be is not unique. Mothers have lived through this anxious time forever — or at least for a few decades as the timing of birth has become more and more predictable and precise.

2014-09-19_corazonI need to be patient, i need to find calm, and peace.
I need to find a way to stay in this inner space that allows me to stop waiting and just be.
I thought bébé-lentille would be here with us by now, that i would be able to hold him/her in my arms. But i need to remember i am not the one to decide when this will happen. I need to release this urge to control the unfolding of the next few days.

I need to find a way to rest, to wait, to relax.
Perhaps then, in this space between calm and excitation, filled with love and expectation, i will be able to open myself entirely to welcome my may-baby.
Mon bébé-de-mai.

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Inspired by The Prompt… More posts about Calm here :

mumturnedmom

invisible

Je me rends tout juste compte de la perméabilité de l’espace social que j’occupe, que chacune d’entre nous occupe, entre maman endeuillée, future maman, maman-tout-court. Pendant plusieurs mois, je me suis sentie si profondément ancrée dans l’expérience intense du deuil que j’ai intégré cet aspect de mon vécu à mon identité. Par moments, cette facette de moi a pratiquement occulté toutes les autres, figeant ma perception de moi-même, créant cet auto-portrait endeuillé que j’ai l’impression d’avoir porté avec moi comme une carte de visite, comme un masque.

Ce n’est que tout récemment que j’ai commencé à envisager que l’image que je projette n’est pas/plus uniquement celle du deuil et de la perte de Paul. Sa mort et l’impact profond de cet événement sur le cours de ma vie n’est pas inscrit en toutes lettres sur mon front. J’ai gardé quelques cheveux blancs et les marques indélébiles de ma grossesse. J’ai tracé son passage dans ma vie à l’encre sous ma peau. Mais rien n’indique de manière évidente au monde l’intensité avec laquelle Paul m’habite.
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