Life, Interrupted

Podcast suggestions from my binge-listening session of yesterday of the beautiful Strangers, hosted by Lea Thau.

Life, Interrupted — a story that reminded me how random the course of our lives can be (and unfortunately, how the awful randomness is sometimes compounded by socioeconomic factors and lack of an adequate social safety net).

The Long Shadow — the intertwined stories of young men who were shot at the Empire State Building. The life and self of one of them changed forever, the life of another stolen from him, and what his mom makes of it.

If you keep on thinking ‘Be careful, be careful. Don’t do this, don’t do that’, you fence yourself in and then you don’t live a life.

un long voyage

Hier soir P. et moi on a fait une sortie au théâtre. Chaque fois que je vois une pièce, même quand je ressors avec des critiques face au texte ou à l’interprétation, je me dis que je devrais aller au théâtre plus souvent. Mais là, j’ai (on a) quitté le théâtre dans un état extatique.

La pièce, Le long voyage de Pierre-Guy B., était exceptionnelle. Pierre-Guy Blanchard et Christian Essiambre, les deux comédiens qui ont aussi écrit le texte de la pièce avec Philippe Soldevilla, ont su mettre en mots et en scène des sentiments qui m’auraient semblé impossible à exprimer. Le long voyage présente la collision entre les univers de deux amis qui se sont perdu de vue pendant plusieurs années, l’un rangé dans une vie de plus en plus conformiste, l’autre un peu perdu, dans une quête incessante d’honnêteté et d’intégrité. Entre le paysage froid d’un printemps acadien et l’univers chaud et musical du séjour de Pierre-Guy B. à Istanbul, j’ai eu l’impression de passer la pièce à voyager dans le temps et l’espace. Lire la suite

porter

Il me reste deux semaines de travail. Moins que ça même, puisqu’on est déjà mercredi. Avec cette échéance qui se rapproche rapidement, avec la perspective d’avoir du temps – beaucoup de temps, il me semble – à moi, j’ai senti mon niveau d’énergie remonter. Après l’automne épuisant passé à rêver d’être en congé, pleurant de fatigue sur le chemin du travail, j’ai enfin réussi à retrouver de l’énergie, et même de la motivation, par rapport à mon emploi et à mon emploi du temps.

Dans les dernières semaines, j’ai été surprise de me sentir aussi bien. Émotivement, physiquement.
C’était presque trop beau, trop facile. Même mes moments de tristesse, même mes pleurs étaient plus doux.

Hier soir, après deux journées trop longues – le désavantage de n’avoir que quelques jours de travail restant – je suis tombée sur une superbe médiagraphie « pour une parentalité alternative et proféministe » qui venait d’être mise en ligne par une maman féministe que je connais. J’étais sur le point d’aller me coucher, je n’avais pas l’intention de commencer à explorer les multiples ressources et réflexions présentées dans la liste. J’ai simplement déroulé la page, pour me rendre compte de l’ampleur du travail de compilation effectué. Plein de thèmes intéressants… Je me suis promis de prendre du temps pour lire les textes qui me parlaient le plus plus dès que je commencerais mon congé.

Puis, j’ai vu la section « Portage » et je n’ai pas pu m’empêcher de cliquer sur l’un des liens. Ça m’arrive parfois, de cliquer contre mon bon jugement. Lire la suite

un peu d’espoir

Le quotidien a ceci de terrible qu’on s’y habitue.
On s’habitue même au pire. On s’habitue à l’absence parce qu’elle devient familière.

Je me rappelle des tous premiers jours à la maison sans Paul. Je me rappelle de la profondeur sans fin du vide en moi. Autour de moi. Je me rappelle le vertige, le haut-le-cœur. Je me rappelle les mots en boucle dans ma tête. « Qu’est-ce qu’on va faire? »

On a fait ce qu’il y avait à faire. On s’est levé le matin. On a mis un pied devant l’autre. On a fait semblant. Et à force de faire semblant, on a fini par y croire. Je n’y aurais pas cru l’an dernier à pareille date, mais je réussis à vivre à peu près normalement maintenant. Les efforts que me demandent les tâches quotidiennes et les interactions sociales ont diminué de façon considérable au cours des derniers mois.

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comment dire?

Comment dire que tu n’es plus là?
Comment dire que tu as été?
que tu occupes
mes pensées
mon coeur
mon corps?

Comment rendre compte
de cette réalité que personne de veut entendre?
Comment trouver les mots?
Comment les glisser entre les phrases du quotidien?
Comment trouver le courage d’anéantir le banal, le simple, l’impersonnel?
Comment ouvrir cette porte qui soulagerait ma conscience? Lire la suite

laid

Depuis un an, j’ai bénéficié de beaucoup de soutien – j’en ai parlé plusieurs fois ici et ailleurs. J’ai aussi reçu plusieurs commentaires positifs par rapport à la façon dont je vis mon deuil. Je suis reconnaissante d’avoir autour de moi des gens avec qui je peux partager mon expérience, la façon dont j’ai vécu la mort de Paul, et mes réflexions depuis. Mais en entendant les commentaires – et un en particulier, récemment – j’ai l’impression que je met de l’avant une image incomplète de l’expérience du deuil.

Parce qu’au-delà des images et des textes que je partage, et desquels l’esthétique est soignée, au moins minimalement, au-delà des moments de recueillement plus collectifs, qui sont beaux comme peuvent l’être les liens qui nous unissent les un-e-s aux autres, au-delà de tout ça, il y a des moments laids et sans poésie. Il y a tous ces moments que je choisis de camoufler, présentant ainsi un portrait partiel et poli de la réalité. Lire la suite

espoir et inconnu — en attendant le mois de mai

Il y a quelques semaines, juste après ma visite de suivi de grossesse, j’ai écrit un texte sur un coup de tête. Comme s’il avait été tout rédigé avant même que je commence à faire cliqueter le clavier. Quand je l’ai relu, j’ai eu envie de le partager plus largement que d’habitude alors je l’ai envoyé à un site qui me semblait ouvert à ce genre de contribution. Un site que j’ai découvert le jour où, l’été dernier, une contributrice qui écrivait sur le deuil périnatal a partagé un lien vers le marcassin envolé.

Et puis voilà, c’est aujourd’hui que mon texte paraît sur TPLmoms, le jour même de mon rendez-vous mensuel chez les sage-femmes. Jour où je me sens replonger au plus profond de mes incertitudes par rapport à l’arrivée éventuelle de bébé-lentille. Jour où je veux croire que l’espoir que je porte en moi n’est pas vain.

Pour lire en attendant le mois de mai, c’est ici.

un an

grandpetit1Un an s’est écoulé. Nous avons bouclé une année entière pendant laquelle je me suis souvent référée à ce que je vivais 365 jours plus tôt, pour essayer de donner du sens à ce que ma vie était devenue, pour comprendre comment les choses avaient pu changer aussi dramatiquement en moins de douze mois.

Je ne sais pas ce que cette année qui s’amorce nous réserve. Je ne sais trop quel bilan faire de cette année de deuil. Certains jours, je me sens encore tellement démolie, d’autres, je ne peux que constater que j’ai réussi à rebâtir une part de moi pendant ces mois de dérive.

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