solitude/communauté

Il y a quatre semaines, c’était l’anniversaire de Paul. L’an dernier, avant qu’il naisse et pendant ses premiers jours, j’ai entrevu comment nous pourrions célébrer chaque année cette journée. J’imaginais des fêtes d’enfants hivernales, des jeux dans la neige, des chocolats chauds et une galette des rois réinventée pour lui.

Cette année, nous avons mangé de la galette des rois en son absence, sans mode d’emploi pour cette journée qui aurait dû en être une de célébrations. Demain, une autre journée journée pleine de sens et de tristesse marquera la fin d’une année entière sans Paul. Que doit-on faire par une pareille journée? Comment rendre honneur à sa vie, à son passage dans les nôtres sans sombrer dans le désespoir? Comment célébrer la trop courte présence de Paul dans le monde alors que je prends encore tout juste la mesure de son absence dans ma vie.

Chaque jour qui passe fait enfler la durée de son absence. Chaque jour apporte avec lui le renouvellement de cette absence. Il continue de ne pas être là où il devrait être. Mes bras sont vides de lui encore et encore et encore. Ma vie déborde de cette absence qui me fait me sentir si seule, unique porteuse de l’expérience d’avoir senti Paul grandir en moi et de me l’être vue arracher.

Face à cette solitude parfois insupportable, je m’accroche à toutes celles et tous ceux qui ont accepté de nous accompagner sur ce chemin que nous ne voulions pas emprunter. Une des tantes de Paul nous l’avait assuré lors de la célébration que nous avons tenue l’année dernière :

Tes parents sont debout. Ensemble. Pis juste là, derrière, il y a ben du monde pour marcher avec eux.

Je m’accroche à cette image. Je sais que je ne suis pas complètement seule, que nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes.

Demain, nous ne serons pas seuls. Comme à pareille date l’an dernier, alors que nos familles montaient la garde pendant les dernières heures de la vie de Paul, nous serons entourés de personnes qui font le choix de parcourir du chemin avec nous, physiquement et symboliquement.

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Cette année, j’ai appris beaucoup. J’ai découvert plein de façons de vivre le deuil d’un enfant, aussi variées que le sont les solitudes de leurs parents. Me reconnaissant dans le désir de briser ces solitudes, de créer des liens, j’ai participé à plusieurs projets, dont le plus marquant aura certainement été celui du Knitting tree.

Aujourd’hui, j’ai reçu un courriel de Li, l’instigatrice de cette initiative magnifique en l’honneur de sa fille Marlo. Afin de faire connaître son projet de graffiti textile collaboratif, elle vient de lancer une page Facebook. Je vous invite donc à la visiter pour découvrir les images inspirantes du Jardin de Marlo, et à la partager…

 

Les carrés de Paul, maintenant partie intégrante de cet espace créatif et collectif…

petit marcassin…

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2 réflexions sur “solitude/communauté

  1. I know what you mean about each new day bringing a renewal of Paul’s absence, of reality. The loved person who died senselessly, who hardly had a chance to live. It still feels so wrong.

    I hope the anniversary day winter walk was something comforting to you…, as it seems a bit of comfort (and for you, hope) is all there is.

    • It’s one of the thing that troubles me most. I think i somewhat bought into the notion of « time heals all wounds » and to an extent, it is true the the wound is not as raw. But the growing absence truly is frightening…

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