confusion

Une nouvelle année commence. Les derniers jours se sont bousculés comme dans un tourbillon. Je n’ai pas su planter fermement mes pieds dans la réalité pour prendre le temps de m’arrêter. Je me suis laissée porter par les flots, les attentes, les demandes, peut-être un peu pour me protéger de la vertigineuse réalité.

Il y a un an, mon monde était tout autre. Le premier, j’entrais dans l’année pleine de confiance. Le 2, je perdais mes eaux. Le 3, j’entamais les longues heures de travail. Le 4, enfin, Paul arrivait. Dans trois jours, il devrait avoir un an. Dans trois jours, ça fera un an que notre relation extra-utérine, si intense, si fusionnelle, a débuté. Paul devrait avoir un an. Il devrait sourire, manger, se déplacer, se tenir debout peut-être? Il aurait dû nous accompagner pendant notre périple des fêtes. Il aurait dû pleurer au décollage de l’avion, charmer nos familles, se tortiller sur les genoux de son papa pendant le mariage de mon frère, passer de bras en bras sous les regards attendris, découvrir le monde avec nous. Nous devrions être maintenant des parents avec un an d’expérience. Un an de couches, de bains, d’ongles à couper. Un an à grandir, à se découvrir.

Au lieu de ça, nous avons à notre actif exactement onze mois de deuil, de larmes. Nos ongles poussent sans ceux de Paul. Les couches de tissu sont rangées, les vêtements taille 12 mois aussi. Ce qui aurait dû être la première année de Paul tire à sa fin et je ne sais pas quoi faire. En voyant sa date de naissance, je m’étais imaginé que nous pourrions célébrer ses anniversaires avec une galette des rois*. J’avais hâte de renouer avec cette tradition de mon enfance et créer avec Paul des souvenirs heureux associés au goût de la frangipane. J’imaginais bricoler une petite couronne pour Paul, et entamer avec lui une collection de santons qui prendrait lentement de l’expansion.

Que ferons-nous dimanche? Comment souligner à la fois son absence et l’immense marque que sa vie a laissé sur les nôtres? Les chandelles de ses six mois m’avaient apporté beaucoup, et je ne veux pas simplement laisser passer cette comme si de rien était. Peut-être que nous partagerons quand même une galette des rois pour célébrer la vie de Paul, si courte ait-elle été?

 

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* Galette des rois 101 : la galette des rois est un gâteau fait de pâte feuilletée et de frangipane (pâte d’amande et crème pâtissière) qui est traditionnellement au centre des célébrations de la fête des Rois (épiphanie), le 6 janvier. Un santon, une petite figurine de céramique, est cachée dans la galette. On coupe les parts et on les attribue au hasard. La personne qui tombe sur le santon devient le roi ou la reine. Éventuellement, cette personne peut acheter une nouvelle galette pour recommencer le jeu. La même tradition existe à la Nouvelle-Orléans mais le King Cake traditionnel est une brioche  en forme de couronne décorée aux couleurs de Mardi Gras, et le santon est remplacé par une petite figurine de bébé.

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8 réflexions sur “confusion

  1. I am so sad for you, that you didn’t have a full year of wonderous firsts with your precious Paul. It will always be so unfair.

    Birthdays are so hard, especially when birth was so near (in timeline) to trauma and death. I am in the process of jotting down a list of ideas for Zachary’s birthday and the few key dates in his life and the anniversary of his death. B and C.T. have helped think of ideas, and perhaps the 3 of us feel just 1% more in control since we have a « plan » of sorts. Of course none of the ideas are particularly satisfying since the person of honor is dead. Plain and simple – it really sucks and the month of January will hit us like a ton of bricks regardless. One thing I feel positive about is that I asked my best friend to write a guest post on my blog, about Zachary, sometime during the anniversary days of his life. Sometimes the burden of being his only mourner (along with B and C.T.) is so discouraging. I wish I could feel that he had a bigger impact on, is loved and missed, by others. My friend was extremely honored that I asked her to participate in that way, and I’m guessing I will feel honored (on or around Zachary’s birthday) to have someone other than me speak of my sweet boy.

    • The guest post is such a lovely idea. There is something especially touching about other people joining in to remember and celebrate the lives we spend to much time trying to honor.
      I don’t know what to think for tomorrow, or how to feel, so i’m just trying really hard to listen to myself.

  2. I think it would be perfectly beautiful to celebrate Paul’s life. Perhaps a galette under a sleepy oak in City Park is in order? Much love and many hugs to you and P. ❤

  3. I wish you strength and peace for tomorrow, and for every other day of course. I am just so sorry. I will light a candle for Paul tomorrow.. here, remembering, celebrating his life with you.

  4. Pingback: solitude/communauté | le marcassin envolé

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