regrets/amour/espérance

Hier, j’ai pris la voiture pour aller travailler et faire quelques courses, et je suis tombée sur une émission que j’aime bien à la radio, Plus on est de fous, plus on lit. Marie-Louise Arsenault entamait une entrevue avec Luc Ferry, un philosophe et ancien ministre de l’Éducation français (pendant les années Chirac). A priori, pas un invité qui m’inspirait outre mesure.

Il commence à parler d’Homère et de la sagesse. Puis ses mots m’accrochent :

Le sage est celui qui comprend qu’il y a deux pièges dans l’existence. Le passé et le futur.

Constamment, on est dans la nostalgie et les souvenirs, et quand on s’en arrache, on est dans l’espérance que ça ira mieux après, quand on aura changé de ceci, de cela.

Parlant de l’Odyssée d’Ulysse, Ferry explique que pendant son périple, Ulysse est « soit dans la nostalgie d’Ithaque, soit dans l’espérance d’Ithaque, jamais dans l’amour d’Ithaque. »

Puis finalement :

Le sage est celui qui parvient à regretter un peu moins, à espérer un peu moins, à aimer un peu plus.

Je me sens tellement comme sur une corde raide entre passé et futur, entre regrets et espérance. J’essayais de démêler tout ça ce matin, lors d’un rendez-vous avec la psychologue que je vois depuis quelques semaines. Je décortiquais ma tendance à me projeter très loin dans l’avenir quand je pense à l’arrivée de bébé-lentille (pas loin comme dans l’an prochain, loin comme dans « Est-ce que je pourrai le/la laisser partir faire un séjour de camp d’été? Est-ce que je pourrai dormir si il/elle, ado, n’est pas encore rentré à la maison? Est-ce qu’elle/il va m’en vouloir, une fois adulte, de l’avoir surprotégé-e? »). Les regrets de mon expérience avec Paul se mêlent à l’espérance que les choses seront différentes cette fois-ci, et à la peur, aux peurs, de tout ce qui peut mal aller.

Alors que je m’égarais dans mes suppositions, mes hypothèses et mes inquiétudes, la psychologue m’a demandé à quoi j’avais hâte, qu’est ce que je souhaitais au terme de cette grossesse. Et là, un instant, tout s’est clarifié. J’ai hâte de m’occuper de mon bébé, de l’entourer d’amour, de prendre soin de son corps, de son esprit, de notre relation.
J’ai hâte de l’aimer. Et au fond, je commence à déjà un peu faire tout ça.
Je l’aime. J’aime Paul et j’aime bébé-lentille.

Publicités

6 réflexions sur “regrets/amour/espérance

    • J’espère de tout coeur que ça s’en vient pour toi aussi, dès que le moment sera bon pour toi. Je sais qu’un autre bébé ne va pas faire disparaître la peine mais je me sens vraiment chanceuse d’être enceinte en ce moment.
      Je pense souvent à toi. Je peux juste imaginer ce que tu vis en ce moment. xxx

  1. It often feels impossible to live « in the moment » as Homer seems to suggest. It’s not that I dislike or fully disagree with the perspective. But, I feel like I am (meaning, my mind, my physical body, my habits and tendencies, the language I use…., everything) a collection of my experiences to date. Those experiences are what give me perspective, what has increased my wisdom and what allows me to very human-ly acknowledge another person’s current or enduring situation, in which I am able to support him/her. If we were all focused on the present – and it sounds very lovely – I think we would be even more disconnected from others because why would we care, unless they were directly related to the here and now, for us? As for the focus on the future, I’ll have to think about that. Other than hoping C.T. outlives me, which I know from experience is totally out of my control, I am not sure what part the future plays for me. It is different after having lost Zachary, after losing a second child. I wrote something for glow that will soon be published that touches on this point.

    I’m sorry for taking over here with my pondering of the snip-it of Homer….:)

    I am so warmed by your precious love for Paul and for the baby on the way. I embrace all of you from afar.

    • I am unsure that living in the present is a goal in and of itself. But i the idea of « regretting a little less, hoping a little less and loving a little more » was interesting to explore. I agree with you though, that we are what we have been through, where we come from. and i do not think i want to do away with exploring the past and looking forward to the future. But i do think i need to let go of some regrets about the past, and that i can’t live only for the future… We’ll see if that’s something i can achieve…
      (and no worries about « taking over ». i always really appreciate your comments).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s