moismiversaire

J’aime rêver à Paul. Au réveil, l’espace d’un moment, je profite de sa présence sans avoir à faire l’effort de l’imaginer. Hier, il était là avec moi, déjà un petit garçon. Tout allait bien, il ne se passait rien. Faute d’avoir nommé ou écrit tous les détails tout de suite, ils se sont estompés. Ne reste que le souvenir de la sensation, tellement agréable, que tout était à sa place. Que notre existence avait suivi le cours normal des choses, qu’elle ne s’était pas brisée un jour de janvier.

Si tout était normal, Paul aurait six mois aujourd’hui. Je me rappelle, il y a longtemps maintenant, avoir célébré les six mois d’une cousine, par une journée de fin d’été. On avait chanté une chanson inventée « Bon moismiversaire » rassemblés autour d’une table à pique-nique, sur un terrain de camping. Je ne me rappelle pas s’il y avait un gâteau, ou un autre élément qui marquait l’occasion. Je me rappelle seulement de la joie dans les paroles, de mon sourire en chantant.

Il y a quelques semaines, la maman de petit soleil parlait de la tradition des « unbirthdays » qu’elle aurait tant voulu souligner pour son fils. Elle décrivait les petites attentions qu’elle aurait voulu offrir à son fils pour ses 18 mois. Et moi, je me disais que j’aurais tellement voulu entendre parler de cette belle idée des unbirthdays dans d’autres circonstances.
Paul qui dort
Aujourd’hui, à six mois, Paul serait encore petit. Mais sûrement différent du souvenir qu’il nous a laissé.

Je voudrais préparer une activité de moismiversaire ou un unbirthday. Je voudrais prendre des photos pour documenter ce moment de la vie de Paul. Je voudrais célébrer une demi-année de vie partagée.

À la place, je partage et je m’offre une photo de Paul qui m’émeut toujours malgré la douleur et la frustration de savoir que je n’aurai jamais de nouvelles photos de lui. J’essaie de rappeler à ma mémoire tous les détails des moments passés à observer les traits de son visage, sa bouche en coeur, ses tout petits cheveux, les plis de ses mains. Son petit pied croche, et l’autre, tous les deux parfaits.

 

À la place, je me demande comment on soulignera dans quatre semaines, une demi-année sans Paul. Six mois d’absence.

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7 réflexions sur “moismiversaire

  1. Oh Typhaine. Paul was so perfect and innocent and beautiful. Six months with him would have been amazing. I am thankful for your dream of Paul, even if it only left remnants of the feeling of wholeness, rightness. Sending you thoughts and peace (if that’s possible), on Paul’s half- or unbirthday.

  2. Pingback: Paul and the knitting tree | le marcassin envolé

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